• T O U T E   L' H I S T O I R E •

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dernière mise à jour : 15 novembre 2008 + 2012

 

 

 L'ART OUBLIÉ 

Toute forme de technologie nouvelle, mise au point dans l'histoire de l'humanité, a offert rapidement une (ou plusieurs) expression(s) artistique(s) qui lui correspondai(en)t.

Depuis le pochoir (des grottes de Lascaux), jusqu'au cinématographe, en passant par l'imprimerie et la gravure, la lithographie, le chevalet pliable (des impressionistes), la photographie, la sérigraphie (du Pop Art), la peinture acrylique, l'infographie 2D, etc.

Toutes les technologies, sauf la vidéo, semble-t-il ; qui n'a véritablement existé que durant la parenthèse de la fin du XXe siècle, sans autre application publique importante que le journalisme (les cassettes, recyclables, au fur et à mesure des aspérités de l'actualité, arrangeant bien les professionnels de l'éphémère télévisuel, habitués jusqu'alors à la pellicule).
Toute règle ayant son exception : c'est le moment de citer Jean-Christophe Averty * (partisan d'une captation "durable" (comme on dit maintenant à propos de tout et de n'importe quoi)

* J-CA Qui fut pendant longtemps le seul réalisateur TV (un métier différent du réalisateur au cinéma, qui est le plus souvent un "metteur en scène" ; tandis que généralement le "réalisateur télé" est un jongleur de caméras, qui opère en régie en tant que technicien-en-chef ... mais pas véritablement en auteur affirmé), français, après avoir travaillé au théâtre (avec Cocteau, Picasso etc.) à vendre ses programmes à l'étranger (en particulier ses captations de concerts de jazz).

Autour des années 80, beaucoup d'amateurs éclairés ou de (semi-)professionnels aventureux, délaissèrent la pellicule pour ce support volatile qu'était alors la vidéo ... (de la limaille de fer magnétisée sur un ruban de plastique, pensez donc ! si c'est fiable ...).
Le nécessaire montage impliquait une duplication, sur deux ou trois générations, qui allaient en se dégradant à chaque transfert. (On ne copiait pas : on "transcoder" la limaille !)
Le temps magnétique faisait le reste pour que ces images soient évanescentes ...


une informatique pour tous

En ce temps là (à partir de 1985) les "boutiques informatiques" n'étaient que des officines reléguées aux confins de la ville, de rares échopes de banlieues, gagnées par la folie de quelques jeunes amateurs de jeux Amiga, ou de musique sur Atari ...
Des ateliers artisanaux de photographes "éclairés", ou de graphistes devenus professionels ...
(les "anciens", comme on a pu le voir en BD, mirent quelques années encore pour faire le pas, et prendre leur stylet ou la souris ...)

Pour qui savait ce qu'il cherchait, se trouvaient des "Armureries d'Isher", des sas vers d'autres dimensions, des bastions de l'hyper-espace, des cabines de décompresssion, des containers d'isolation sensorielle, des jalons d'un réseau éclaté, les tanières des Témoins de l'An2000 (qui approchait à grand pas ! ;) ) nichés hors de Lyon, dans une ruelle vers Villeurbanne, ou Faubourg Bourgogne, ou encore Chaussée St Pierre, à moins de passer de l'autre côté de la butte à Menilmontant ...

Dans le centre-ville on trouvait davantage des structures BCBG, des concessionnaires de photocopieurs (Rank Xerox etc.), avec des "représentants" hyper stressés par la pression hiérarchique ("à l'américaine") qui régnait dans ce secteur de la bureautique , et qui allaient promouvoir sans trop y croire, les premiers PC et/ou les PS (la norme institutionnelle se cherchait) dans un "segment de marché" très spécialisé.
Ou bien on voyait plutôt des magasins de machines à écrires (IBM en faisait) et de matériel de bureau, plus conformes à la tradition de la "Papeterie", s'adapter avec plus de bonhommie, et proposer la puissance des processeurs aux PME, comme à contre-coeur, en filtrant, avec un peu de commisération, les agencements modernes sur des critères économiques ...

La synthèse entre, cet esprit ludique aventureux des consoles "multi-tâches", autonome et frondeur ; et l'application informatique devenue enfin "grand-public", (en prenant finalement le risque d'une subversion des habitudes ...), avec une ergonomie finalement libérée de l'omniprésence des techniciens de maintenance, (ces nouveaux aristocrates "connaisseurs", venant, sur rendez-vous, "débourrer" le casier du photocopieur ...), fut opéré par Amstrad.
(Gloire à cette marque ! Aujourd'hui disparue, elle aussi. Torpillée par les holdings que l'on connaît désormais.)
Dans des boutiques dédiées, plus proche du centre-ville, et bientôt en grande surface, la cybernétique commençait à contaminer l'univers occidental.
Une nouvelle manière de penser se répandait, avec jovialité.

Pendant ce temps, à Wall Street les traders gesticulaient encore autour de la Corbeille.
Les coursiers en scooter, et les opératrices du téléphone, avaient encore du boulot, dans le secteur de la finance.
La spéculation ne brassait pas encore des produits virtuels, via des ondes WiFi...
La "réalité virtuelle" n'était seulement qu'un concept de simulation à la N.A.S.A., énoncé par quelques hippies rangés des voitures !

(Déviance : des electrodes dans des gants, des combinaisons, sur le corps humain, pour gérer, avec des fils, les computeurs.
Cela dans la perspective de faciliter les dessins animés : ou comment faire un pied de nez à cette machine qui prétendait "ordonner".
Méfiance : Des lunettes, non pour mieux voir, mais pour faire écran. Pour accéder à une autre réalité ... programmée. Par qui ?)

Mais, dans les bistrots, les flippers commençaient déjà à être sérieusement supplantés par les consoles de Space Invaders ...
"Sign O' Time"

... / ...

Vers la fin de cette décade, il se chuchotait dans les allées de salons parisiens comme Intergraphic, ou au SICOB, qu'il n'était pas utopique d'envisager l'apparition imminente d'un digitaliseur, qui capterait "en temps réel" (expression magique pour qui avait l'habitude de somnoler devant les jauges de fonction, de tout ordinateur cadencé par les Motorola 68xxx !) y compris un signal vidéo. (C'est-à-dire en s'épargnant les 3 passages RVB que les scanners opéraient alors pour numériser les couleurs) ...

Et ce n'est qu'au début du XXIe siècle que les populations délaissèrent définitivement (?) la photographie argentique pour le shoot numérique (surtout à partir du moment où les appareils téléphoniques portables permirent également de photographier ou de filmer, près de 30 ans plus tard).
Mais pendant longtemps il a fallu aller avec sa cartouche (sorte de disquette géante : les graveurs individuels n'étaient même pas une vue de l'esprit pendant cette décennie !) chez le spécialiste, pour pouvoir transposer ses propres images numériques (on disait "digitales") en photographies (diapositives ou "ekta" ...) Le scannage coûtait "les yeux de la tête, et les lunettes avec !"

C'était le seul moyen de travailler, compte tenu du fait que les imprimantes ne produisaient que des canevas truffés de gros points, dans un boucan d'enfer (le travail frénétique des aiguilles percutant les rubans encreurs, était maintenu dans un caisson d'isolation phonique, mais pas toujours), et sur un format réduit (A4).

 


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